Groupe " Écritures hypertextuelles "


Réunion du 18 janvier 2001


Compte rendu

 

 

Etaient présents :

Etienne Amato, Evelyne Broudoux, Aurélie Cauvin, Jean Clément, François Cosson, Luc Dall’Armellina, Françoise Derollepot, Frédérique Matthieu, Paolo D’Iorio, Andrea Palma, Jean-Hugues Réty, Andras Toth, Mylène Tremblay, Claude Tudury, Jean Baptiste de Vathaire,

A l’ordre du jour :

Point sur les prochaines réunions

Infos diverses

Présentation du site HyperNietzsche par son concepteur, Paolo D’Iorio.

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Prochaines réunions

Andras Toth accueillera la prochaine réunion le 1er février à 19h30 à la Maison des Provinces de France, à la Cité universitaire (RER Cité Universitaire).

Ordre du jour :

– Présentation d’une bande dessinée générative, par l’équipe de Bulliver

– Exposé sur Les villes imaginaires d’Italo Calvino, par Frédérique Matthieu.

La réunion d’après aura lieu le 1er mars chez Jean Baptiste de Vathaire, au 86, rue de Grenelle, 75007 Paris. Même heure. Attention, nouveau code : 7401A.

Ordre du jour :

– Débat autour du livre de Derrick de Kerckhove, L’intelligence des réseaux (éditions Odile Jacob).

Enfin, la date du 22 mars a été fixée pour la réunion qui suivra, chez Mylène Tremblay : 117, av. Saint-Maur, 75012 Paris. Tél. 01.43.14.47.20. Code 4B875.

Ordre du jour :

– Discours sur l’hyperfiction, par Aurélie Cauvin.

– Point sur l’édition électronique à la fin du Salon du Livre, par Jean-Baptiste de Vathaire.

Infos diverses

Plusieurs initiatives sont signalées :

- une conférence organisée au Musée du Louvre le 21 janvier par Xavier Perrot, dans le cadre du séminaire de DESS multimédia de Paris IV, avec les interventions de Jean Clément (" le e-book est-il l’avenir du livre électronique ? ") et François Richaudeau à propos de son dernier livre " des neurones, des mots et des pixels ".

- une séance exceptionnelle du cours de Jean Clément " Écritures hypertextuelles " (lundi 22 janvier au CNAM), où Jean-Hugues Réty présentera son outil d’écriture hypertextuelle " Connexions " ;

–un cycle de conférences-débats consacré à Jean-Pierre Balpe à l’Université de Genève (du 23 janvier au 1er février) ;

- le 23 mars, une journée d’étude sur " Le livre impossible " à la BNF, site François Mitterrand, avec notamment une table ronde autour du livre électronique rassemblant Jean-Pierre Arbon (00h00.com), des auteurs de livres électroniques et des universitaires spécialistes de l’hypermédia.

On signale par ailleurs le changement de nom de la liste " ecriordi ", qu’Eric Sérandour cesse d’animer et qui devient " e-critures ". Un site vient d’être créé, www.e-critures.org, dont les codes d’accès FTP sont transmis aux membres de la liste afin qu’ils puissent y intégrer eux-mêmes leurs œuvres et leurs réflexions théoriques. Pour s’abonner à la liste : http://www.egroups.fr/group/e-critures.

Rappelons également la très intéressante liste " litor " (présentée à l’adresse http://www.cavi.univ-paris3.fr/phalese/litor1.htm), du groupe Hubert de Phalèse. Pour s’y abonner, envoyer un mail à admin-litor@univ-paris3.fr, sans sujet, avec dans le corps du message : abonner <Nom> <Prénom>.

HyperNietzsche

Paolo D’Iorio commence par une rapide présentation.

C’est en 1996 que le projet est présenté pour la première fois par Paolo D’Iorio, lors du colloque " Genèse, critique, édition " organisé à Pise par la Scuola Normale Superiore de Pise et l’E.N.S. de Paris. Mais les conditions de sa réalisation n’étant pas réunies, il est mis ensuite en sommeil pendant quelques années.

Il est relancé en 1999 dans le cadre de l’ITEM, (Institut des textes et manuscrits modernes), une unité de recherche du CNRS où travaille Paolo D’Iorio. Cette relance se fait dans le cadre d’une étude portant sur les usages des forums électroniques à vocation scientifique. Des moyens sont alors dégagés, et une équipe s’occupe de la réalisation d’un prototype.

La mise en ligne du site www.hypernietzsche.org est prévu pour le 11 mars, juste après la première réunion du comité scientifique.

HyperNietzsche se présente comme un hypertexte d'édition, de communication et de recherche. Trois principes guident son fonctionnement :

L’évaluation par les pairs : les contributions déposées par les visiteurs sont évaluées par un comité scientifique, qui les estiment valables ou non d’être intégrées dans l’hypertexte. Le comité scientifique sera élu régulièrement par l’ensemble des auteurs.

La mise en contexte hypertextuelle : mise à part la fenêtre de consultation proprement dite, le site propose trois fenêtres principales : Matériaux (les sources primaires : œuvres de Nietzsche, manuscrits, correspondances), Contributions (transcriptions, traductions, commentaires ou essais)et Auteurs (présentation des différents auteurs de contributions). Au fil de la navigation, ces options se " contextualisent " en fonction de l’objet étudié. Par exemple, si on consulte un aphorisme spécifique, " Matériaux " renverra uniquement aux manuscrits ou documents orignaux de cet aphorisme, " Contributions " à celles qui traitent de cet aphorisme, " Auteurs " à ceux ayant écrit sur cet aphorisme.

L’ " Open source ". Ce principe, apparu dans un second temps, est pourtant un élément essentiel et novateur du projet. Il porte d’abord sur l’architecture logicielle de l’hypertexte : tout le code source est en accès libre, de sorte que n’importe qui peut le réutiliser pour créer son propre " Hyper-quelquechose ", à condition de laisser lui-même en libre accès ce développement et les modifications qu’il y apporte, et de conserver la mention des auteurs originaux. Ce principe s’applique également aux contributions intégrées dans l’hypertexte.

On trouvera une présentation détaillée du projet HyperNietzsche et des questions scientifiques, éditoriales, juridiques et informatiques qui l’entourent, dans l’ouvrage HyperNietzsche paru aux PUF en 2000, et accessible intégralement en ligne à l’adresse http://www.puf.com/hypernietzsche.

Le débat s’engage ensuite.

La question des limites de la granularité des éléments de l’HyperNietzsche est posée par Jean Clément. Le fonctionnement en base de données interrogées sous MySQL (Postgres dans la version publiée le 11 mars) peut constituer une limite à ce niveau, par rapport à un langage structuré comme XML. Mais l’absence de navigateur prenant en charge correctement XML a empêcher de concevoir l’architecture du site autour de ce langage.

En ce qui concerne les " chemins " (type de contribution qui consiste à proposer un chemin de lecture à travers les différents éléments du site), Frédérique Matthieu suggère que les traces de lecture des visiteurs pourraient s’y inscrire de façon automatique, de façon à partager cette recherche. Pour Polo D’Iorio, ce doit être des contributions abouties, et pas la trace d’un tâtonnement. Pour la même raison, il rejette l’idée émise par Etienne Amato, pour qui les contributions devraient pouvoir être intégrées dans l’hypertexte sans contrôle préalable, quitte à ce qu’il soit mentionné qu’elles n’ont pas encore été validées par le comité scientifique.

D’une façon générale, Paolo D’Iorio souhaite que des critères scientifiques exigeants président à l’acceptation des contributions dans l’HyperNietzsche. Pour l’instant, la publication sur Internet a un statut moins valorisant pour le chercheur que celle chez un éditeur traditionnel de sciences humaines, car les critères d’acceptation des articles y sont souvent moins exigeants. Du coup se perpétue un système lourd et coûteux de publication sous forme papier pour la communication des travaux scientifiques. Pour briser ce cercle vicieux, il faut doter la publication sur HyperNietzsche d’un prestige équivalent à celle d’une revue ou d’une collection traditionnelles.

On peut donc dire qu’HyperNietzsche n’est pas un outil d’écriture hypertextuelle, même si c’est un hypertexte d’édition et de recherche : on y navigue sous forme hypertextuelle, on active les liens tissés au sein d’une base de données relationnelle, mais la phase d’écriture des contributions (même si celles-ci peuvent elles-mêmes contenir des liens hypertextuels libres) ne rentre pas dans le domaine de cet hypertexte (à la différence d’un outil comme Storyspace, notamment).

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