Groupe de travail

«écritures hypertextuelles»

compte rendu - 19 décembre 2002

-n°3-
2002-2003

Présents

Evelyne Broudoux (EB)
Jean Clément (JC)
Alexandre Gherban (AG)
Olivier Marty (OM)
Jean-Marc Orsatelli (JMO)
Gautier Poupeau (GP)
Serge Bouchardon (SB)

Compte rendu

Serge Bouchardon

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Ordre du jour de la réunion du 19 décembre 2002

1. Livres et sites
2. Présentation de Gautier Poupeau
3. Exposé de Olivier Marty
4. Planning


1. Livres et sites

Conseils de lecture :
- " Hypertextes : espaces virtuels de lecture et d'écriture "
sous la direction de Christian Vandendorpe et Denis Bachand
Editions Nota Bene - collection Littérature(s)
- Numéro sur " la navigation " des Cahiers du numérique
sous la direction de Franck Ghitalla
chez Hermes

Sites :
- JC revient sur le séminaire intitulé " Les défis de la publication sur le Web " qui s'est tenu à Lyon et qui a donné lieu également à un colloque en ligne : http://www.interdisciplines.org/defispublicationweb
- Le CNRS organise l'archivage dans le domaine des SIC, @rchive SIC : http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/


2. Présentation de Gautier Poupeau

- historien de formation
- webmestre du site de l'Ecole des Chartes
- DEA en SIC : " conséquences de l'introduction de l'écriture hypertextuelle dans les monographies historiques en ligne "


3. Exposé de Olivier Marty

Titre de l'intervention :
" Ces liens qui éloignent : comment l'hypertexte change les rapports entre l'auteur et le lecteur "
Sur le site d'OM (http://sociologie.fr.fm) figure le texte de son intervention, ainsi que d'autres textes théoriques.

3.1. Le texte

OM définit le texte comme une " parole solidifiée ". Ainsi, " le texte, quand il circule, ne va pas se déformer " ; il " se conserve pour durer ".
Cette proposition suscite des réactions. JC remarque que le texte écrit se transmet en se transformant aussi.
Des références à Jack Goody (La Raison graphique) et Anne-Marie Christin (L'Image écrite) sont avancées qui permettraient de nuancer une telle proposition.
AG remarque que Tibor Papp distingue :
- langue écrite,
- langue parlée,
- langue écrite et parlée,
ð aboutissant à différentes formes artistiques.

OM distingue ensuite, concernant le texte :
- des propriétés internes (message)
- des propriétés externes (textes en tant qu'objet, support)
Selon JC, la sémiotique textuelle a remis en cause cette séparation.
Selon SB, une telle dichotomie va à l'encontre d'une théorie du support (Goody, Stiegler, Bachimont), selon laquelle il n'existe pas d'information dans l'absolu, qui ne soit pas une inscription sur un support matériel. Le sens que les inscriptions reçoivent lors des divers parcours interprétatifs étant conditionné par les propriétés matérielles du support, il ne serait pas possbile de dissocier message et support.

Selon OM, les propriétés internes du texte seraient : métatexte, contexte et structure de texte.
Le terme de " métatexte " génère un débat qui incite OM à préciser ce qu'il entend par métatexte : tout ce qui concerne le rapport entre auteur et lecteur, faisant l'objet d'" indices métatextuels " (" la façon qu'a l'auteur de se présenter, le ton qu'il emploie, la personne qu'il utilise pour se désigner et désigner son lecteur "). OM s'appuie sur la notion de métacommunication chez Bateson.

Le " contexte ", selon OM, est " l'environnement que doivent partager l'auteur et le lecteur pour que le message de l'un ait un sens pour le second ". OM cite les livres de philosophie comme exemples de textes qui explicitent leur contexte. Selon JC, dans un livre de philosophie, le texte est son propre contexte. JC cite d'autres exemples dans lesquels le texte est son propre contexte.
EB parle à propos de l'acception du terme " contexte " par OM d' " analyse pragmatique ".
GP rappelle que Sperber et Wilson expliquent le contexte par la pertinence, un effet contextuel permettant de rendre pertinent un texte.

OM se penche alors sur la structure de texte, plus ou moins contraignante pour un lecteur. Selon lui, en poésie, le lecteur est peu contraint par un auteur et garde une grande liberté d'interprétation
AG parle alors de la métaphore comme d'une " mini-machinerie hypertextuelle " ; " on peut se contenter de peu pour approcher de l'intention de l'auteur, de l'essentiel du poème, une approche fragmentaire suffit souvent ".

Selon OM, les propriétés externes définissent comment le texte est " produit, diffusé et consommé ".
Suivent des considérations sur la fonction auteur chez Foucault (JC).

3.2. L'hypertexte

OM se demande ensuite comment ces propriétés internes et externes du texte sont modifiées dans le cas d'un hypertexte.

JC rappelle qu'un colloque sera organisé par Paris 8, qui pourrait s'intituler de façon provocatrice " l'hypertexte et après ".
AG, rappelant que la vogue de l'hypertexte est tombée il y a 2 ans aux Etats-Unis, propose : " L'hypertexte est-il mort ? " Selon AG, " le terme d'hypertexte ne correspond plus à l'évolution d'un outil ". Il évoque le travail sur les algorithmes génétiques menés notamment dans le cadre de l'INRIA.
Suivent des réflexions sur l'hypertextualisation automatique et le web sémantique.
Selon GP, le couplage des bases de données et de l'hypertexte est prometteur, et il faudrait s'intéresser à l'interfaçage de bases de données hypertextuelles.
EB se penche sur la notion de systèmes multimédias ouverts, dans lesquels tout devient liable. On pourrait ainsi transformer la fonction hypermédia et l'utiliser comme un copier-coller.

Après avoir défini l'hypertexte comme une " multiplicité de textes reliés entre eux par des liens ", OM distingue :
- l'hypertexte-objet (" avec des frontières et une forme stable comme dans le cas de l'hyperfiction ")
- l'hypertexte-réseau (" sans frontières et toujours en évolution ")
Reprenant la distinction propriétés internes / externes, OM avance que, dans l'hypertexte-objet, le contexte est présent, ce qui est selon JC très discutable.
Les hypertextes-réseaux, quant à eux, présentent selon OM " un contexte et un méta-texte diminué par rapport aux textes ; c'est en ce sens que l'on peut parler d'hypo-texte ".
OM propose ensuite une typologie de l'hypertexte, selon une structure de plus en plus complexe :
- sommaire hypertextuel
- hyperfiction
- web
EB mentionne le concept de " friche hypertextuelle " de Alexis Ulrich (http://10ontario.free.fr/friche/index.html) issue du " jardinage d'information " (selon la distinction information mining, gardening and manufacturing).

Concenant les propriétés externes de l'hypertexte, OM insiste sur " l'écriture en continu, qui évolue au jour le jour ". Quant à la diffusion, " les communautés réparties librement sur le web remplacent le système de diffusion centralisé. Il assure une plus grande égalité entre auteur et lecteur." EB considère que cette proposition est discutable et se propose d'y revenir lors de la prochaine réunion. Elle rappelle également la dimension politique de l'hypertexte à ses débuts.
GP mentionne la notion de " désintermédiation " avancée par Jean-Michel Salaün et Ghislaine Chartron, concept qui selon lui commencerait à être remis en cause par leurs auteurs eux-mêmes : les schémas économiques qu'on avait avec le papier sont en train de réapparaître sur le web de façon très forte.

En guise de conclusion, JC insiste sur le fait que le lien hypertextuel ne suffit pas à qualifier un hypertexte. Un hypertexte se définit avant tout par un discours et une écriture hypertextuels. Selon lui, il est symptomatique que le terme d'hypertexte ait laissé la place au terme de lien hypertextuel ; le web a contribué à perturber la notion d'hypertexte.


4. Planning

- Prochaine réunion le jeudi 9 janvier : exposé d'Evelyne Broudoux
- Le 30 janvier se tiendra la soutenance de thèse de Luc dall'Armellina
- JMO souhaite inviter Nasser à présenter Hyweb map lors d'une réunion prochaine du groupe.