Groupe de travail

«écritures hypertextuelles»

compte rendu - 6 novembre 2003

-n°3-
2003-2004

Prochaine réunion le 4 décembre à 19h30 à la MSH

Présents:

Nicolas Szilas, Jean-Hugues Réty, Oriane Deseilligny, Caroline Angé, Serge Bouchardon, Evelyne Broudoux, Jean Clément.

Compte-rendu:

Caroline Angé


Ordre du jour :

Intervenant : Evelyne Broudoux.

Cette séance a donné lieu à la présentation de la thèse D’Evelyne Broudoux dont la soutenance devrait avoir lieu le 17 décembre (à reconfirmer). Quelques questions et objections ont ponctué cet exposé. Ces propos ont porté plus spécifiquement sur les deux premières parties de sa recherche et sur les enjeux épistémologiques de son travail : à savoir l’apparition d’un nouveau champ au travers du concept qu’elle introduit " l’autoritativité ".
Il s’agit en effet de construire un objet sur la notion de " l’autoritativité ", notion élaborée à partir de la position d’écrilecture sur ordinateur. Dans un premier temps, toutes les figures des utilisateurs construites par les approches médiatiques sont présentées: " les objets techniques et machiniques construisent à chaque fois une figure de l’utilisateur ". De l’usager anonyme (être passif) sous influence, à l’usager constructeur (modèle de l’appropriation) puis l’usager interacteur et acteur (organisateur), différentes figures se succèdent jusqu’à celle de l’écrilecteur et du lectateur (J.L Weissberg). Celle-ci souligne que " l’usager devient acteur en étant d’abord interacteur ". Son approche privilégie la question de l’acteur et du réseau. La notion d’écrilecture est abordée comme l’amplification d’une attitude par la disposition technique telle que la situation de clavier. Certains intervenants interrogent les qualités d’une lecture labyrinthique et la question de l’auteur amateur comme figure politique émergente à l’ère du numérique. J.Clément souligne le caractère hybride de cette figure de " l’amateur auteur " bâtie à partir des pratiques croisées de réception-production (écriture collective).

La réflexion se poursuit autour d’un panorama exhaustif des théories constitutives de cette figure théorique construite par l’approche des médias. Les thèses de Newton et le concept de milieu, Mc Luhan, R.Debray, Perraya (le média comme système de représentation) sont convoquées et discutées. Cette discussion ouvre sur des distinctions conceptuelles support/média introduites par Evelyne.
Celle-ci définit respectivement le support comme " un objet matériel qui retient temporairement les traces écrites telles qu’une feuille de papier vierge ou imprimée, un livre, un tableau ou un écran sur lesquelles sont affichés des signes, un cd-om, une cassette vidéo ou audio, des disquettes et autres disques sont des supports. Ces supports peuvent servir uniquement à la lecture (écran, feuille de papier) ou à l’inscription (cassette video, disque dur)" et le média comme "une représentation de la réalité, organisée par un dispositif d’énonciation , publiable sur différents supports. Cette représentation prend différentes formes éditoriales : presse (journal quotidien d’informations, revue hebdomadaire thématique, reportage filmique, etc.), imaginaire (poésie, roman, film, toute fiction), ludique (jeux en lignes, jeux télévisés, documentaire (annuaire, émission de télévision, site web, portail, etc.).Un média utilise des dispositifs spécifiques d’énonciation et de focalisation distribuant différemment aussi bien des productions que des espaces d’écritures (forum, chat). Il se matérialise symboliquement par ses formats sémiotiques contribuant à sa mise en scène : photographie, film, texte écrit ou oral, icônes, interfaces graphiques, images virtuelles, etc. La représentation de la réalité est traitée de façon narrative en utilisant des récits (empiriques, imaginaires, témoignages, historiques, théoriques, esthétiques, ludiques, argumentaires, etc.) basés comme pour tout récit sur une tension dramatique explicite ou implicite exprimant une transformation entre un début et une fin. ".
Trois procédés de transmissions actuelles médiatisant la communication écrite sont présentés. L’auteur entend par procédés de transmission : " une technique qui permet le transport à distance d’un média et nécessite des appareillages spécifiques de réception et de lecture ou d’émission réception". L’informatique en tant que technique comporte des supports, des médias et des procédés de transmission qui lui sont spécifiques.
Dans un second temps la question de l’outil informatique/ écriture/ lecture et son influence sur le scripteur est évoquée dans un développement relatif à l’apport de la psychologie cognitive. Cette réflexion part de l’émergence du scriptor. Evelyne expose ensuite des éléments relatifs à la structuration du champ littéraire au 18 ème (b. Walter) en insistant sur la nécessité d’une autonomisation des pratiques, des acteurs pour construire un champ. Cette partie soulève également la possibilité d’une analogie avec la littérature numérique (autoritativité et champ).

Enfin, la problématique du rapport outil /auteur (l’outil sert de filtre à l’auteur/ au service d’une communauté) amène une objection sur l’utilisation de l’auteur en plusieurs sens multimédia/informatique qu’il faut préciser. Les intervenants débattent ensuite de ces différentes questions: " est-ce que l’outil favorise les pratiques autoritatives, peut-on être auteur hors d’une pratique autoritative sur support informatique ? . Peut-on différencier une pratique auctoriale et autoritative ? ". La question de l’auteur rejoint alors celle de l’identité au travers de l’écriture: être auteur pour soi ou pour les autres.

Informations

Oriane Deseilligny :

Soutenance d’une thèse
Auteur : Patrick Pugnant, directeur de thèse : B.Mouralis. Titre : "L'internet et le littéraire. Ecritures littéraires et techniques, des origines au web littéraire" La soutenance a lieu le 21 Novembre au matin, à Cergy-Pontoise.

Jean Clément : présentation de deux articles

Fifi : prix accordé à un dispositif : http://stanza.co.uk/ et fififestival.net.
source : Libération du 21 octobre 2003 colle des images et reconstitue 8 villes état émotionnel des villes globales " changement dans le langage même du récit ".Cet article pointe les bouleversements du rapport à l’espace.

La peinture industrielle au 19ème siècle industrialisation des arts (cf. W. Benjamin )
Association de l’artiste Jérôme et de l'Èditeur Goupil pour crÈer des reproduction d'¶uvres ý sujet historique ou exotique, ý mettre en parallËle avec la "littrature industrielle" dÈnoncÈe par Sainte-Beuve.
Les installations de tableaux en forme de "Panorama " au 19e inaugurent Ègalement une forme de popularisation de la peinture. Balzac dénonçait ces expériences : " charlatanisme mécanique "
In memoriam : CD-ROM (par l’auteur de l’album de l’oncle Ernest)
http://www.inmemoriam-thegame.com/fr/gam1.htm

Serge Bouchardon

Mardis de François Coulon :Les rencontres Mardis Numériques, le 11 novembre 2003 à partir de 20h30 au Lou Pascalou, 14 rue des Panoyaux, Paris 20e, métro Ménilmontant (première rue à gauche en prenant le boulevard de Ménilmontant). http://www.francoiscoulon.com/rencontres/
Ce mois-ci:--Effets 3D, art algorithmique, démos, animations, installations: --Tous virtuoses? Avec Frédéric Durieu, Robin Fercoq, Nicolas Rey, Antoine Schmitt. Alors que beaucoup d'artistes peinent à rassembler autour d'eux les compétences nécessaires à la réalisation de leurs projets, ne se rassure-t-on pas à bon compte en concluant que la technique ne fait pas l'œuvre? Bien entendu, mais à côté de films, de jeux ou d'expressions musicales qui ont fait de la virtuosité une raison d'être, doit-on évacuer pour autant toute idée d'exploit dans la création numérique? Comment le spectateur perçoit-il les démonstrations de force? La programmation est-elle un art, une fin en soi ou une formalité au service d'une vision esthétique? Jusqu'à quel point devons-nous suivre l'évolution frénétique de nos outils? Et a-t-on vraiment plus mauvais goût depuis Photoshop? Guinness Book en main, les Mardis Numériques ouvrent le débat, avec:--Frédéric Durieu: Artiste et développeur, créateur de l'indispensable Zoo et de ses girafes volantes, programmeur d'Alphabet ou de PuppetTools, directeur du Ciel est Bleu, couvert de récompenses. http://www.lecielestbleu.com

Robin Fercoq:
Artiste et développeur, a traversé l'époque héroïque des premières démos et ordinateurs personnels, poursuit ses expérimentations informatiques au sein du collectif Téléférique. http://www.teleferique.org/stations/Fercoq

Nicolas Rey: Superviseur des effets spéciaux 3D chez Mikros Image, une référence de la post-production numérique pour le cinéma et la télévision (matte-painting, étalonnage, monstres, catastrophes diverses). A travaillé sur les scènes de l'avalanche des Rivières Pourpres ou de la grande roue du Boulet, mais aussi, plus discrètement, pour Marion Vernoux ou James Ivory. http://www.nicorey.com http://www.mikrosimage.fr

Antoine Schmitt: Artiste et développeur, créateur de la Nanomachine, co-auteur de Machiavel, pionnier de l'art algorithmique, a participé à une ribambelle impressionnante d'expositions et de conférences internationales. http://www.gratin.org/as

Installations, net-art, littérature, jeu: Tous les mois, les rencontres Mardis Numériques se proposent de rassembler autour d'un verre les acteurs de la création numérique et tous leurs amis, dans une ambiance informelle et totalement non-violente. Ouvertes à tous, les rencontres accueillent des artistes débutants ou reconnus, développeurs, chercheurs, organisateurs, mais aussi étudiants et curieux.

Rendez-vous de l’édition :
les revues électroniques
octobre– novembre 2003
Foyer – Petite Salle – Centre Pompidou
Les Rendez-vous de l’édition se sont attachés jusqu’à présent à explorer le monde de l’édition de livres. Si les technologies numériques n’en ont pas modifié radicalement les pratiques – du moins dans l’édition généraliste - , l’Internet a, en revanche, renouvelé le paysage des revues.
Cette nouvelle série de rencontres permettra de découvrir le dynamisme du secteur à travers plusieurs soirées thématiques ; par ailleurs, lors d’une soirée d’étude, seront abordées diverses problématiques - sociologiques, économiques, culturelles - relatives à la publication sur le Web.


Vendredi 14 novembre 18h-23h
Soirée d’étude
18h : Les enjeux juridiques, économiques et culturels de la publication en ligne.
Avec, notamment : Ghislaine Chartron, professeur à l’Institut national de la recherche pédagogique ;
Bruno Patino Le Monde.fr ; Benoît Tabaka, juriste ; Olivier Blondeau, co-éditeur de l'anthologie "Libres enfants du savoir numérique"
Animation : Hervé Le Crosnier, maître de conférences à l’Université de Caen

20h30 : La sociabilité autour des revues en ligne.
Avec, notamment :Nicolas Auray, maître de conférences à l'Ecole nationale supérieure des télécommunications ; Isabelle Aveline, Zazieweb.com ; Aris Papathéodorou, samizdat.net ; Gérard Pangon, directeur des éditions électroniques de Télérama
Animation : Eric Guichard, chercheur, INRIA-ENS

Lundi 17 novembre 19h-21h30
Revues littéraires en ligne
Serge Bouchardon, enseignant-chercheur en multimédia à l'Université de Technologie de Compiègne et Evelyne Broudoux au sujet du site e-critures.org
Dominique Dussidour ,remue.net
Patrick Cahuzac, inventaire-invention.com
Alexandre Gefen, fabula.org
Modération : Agnès Camus-Vigué, Bibliothèque publique d’information

- Colloque : virtual storytelling (Toulouse, 20-21 novembre 2003)


Notes

1 Le dispositif d'Ènonciation est la distinction faite entre le monde reprÈsentÈ et le monde rÈel par l'intervention d'un Ènonciateur s'adressant ý un Ènonciataire. Le terme instance d'Ènonciation est dÈfini par [MEUNIER, PERRAYA, 1996] comme appartenant au monde de l'image et au monde du rÈel, et permettant sa distinction. C'est en fait en littÈrature, le narrateur qui se distingue de l'auteur.

2 Le terme " publiÈ " est prÈfÈrÈ ý " enregistrÈ " puisque l'¶uvre peut Ítre le rÈsultat d'un processus.