Groupe de travail
écritures hypertextuelles

compte rendu - 13 mai 2004


CR : Estrella Rojas

Etaient présents :

Nadia Ivanovna, Sacha Kozlov, Jean Clément, Jean Hugues Réty, Nicolas Szilas, Jamila Kouati, Maia Mau, Caroline Angé, Olivier Marty, Oriane Desseilligny, Estrella Rojas

- Relevé de décision
- Evénements et informations diverses
- Ouvrages cités
- Notes au fil de la discussion

Relevé de décisions :

Prochaines réunions le 16 juin, chez Nadia et Sacha.
Cette réunion aura un double ordre du jour :
- Lucia Calvi y présentera ses derniers travaux sur le modèle narratif. Elle travaille également sur le E-learning et les hypermédias adaptatifs pour l’enseignement., les applications littéraires des hypermédias...
- Nous discuterons des textes du RTP-doc et des suites à y donner pour le groupe

RTP-Doc

Il a été décidé que compte-tenu des délais (les contributions doivent parvenir au plus tard le 28 mai) nous n’allions pas faire de réponse collective du groupe de travail Ecritures Hypertextuelles.

Jean Clément propose de reprendre la thématique du document numérique l’année prochaine.
Chacun pourrait intervenir sur ce sujet en fonction, de son angle d’approche
Selon quel mode d’organisation ?
Doit-on reproduire le dispositif Texte > réactions, commentaires > Hypertexte ?

Evénements et informations diverses :

- La Semaine du Document Numérique, du 21 au 26 juin 2004 à La Rochelle.
Adresse : http://www.univ-lr.fr/sdn2004/

- Ateliers
Dans la continuité du travail engagé par le RTP-DOC (http://rtp-doc.enssib.fr/), un réseau du département STIC du CNRS - Domaine Interactions humaines et Cognition (IHC), des ateliers ont été constitués en vue de répondre à l'appel d'offre "programme pour la société de l'information".
Evelyne Broudoux, qui pilote l'atelier "auteur", propose que les personnes intéressées du groupe "écritures hypertextuelles" s'engagent dans ce projet dans une forme qui reste à préciser. Ellle précise que la problématique formulée n'est pas définitive et peut être élargie.
Ces ateliers sont le prolongement de la réflexion collective engagée sur le texte de Roger T. Pédauque (R.T.P.) dont le texte est lisible à l'adresse suivante : (http://rtp-doc.enssib.fr/pedauque/index.html).
Une des concrétisations de ces ateliers serait la rédaction d'un livre où chaque chapitre serait assuré par un atelier. Le livre étant diffusé pendant l'école d'été prévue en 2005, avant la semaine du document numérique en 2006.
d’été est prévue en 2005, puis la semaine du document numérique en 2006.

- BNF : 3 jours de conférence sur l’esthétique 25, 26, 27 mai 2004. (info donnée par Nadia)
Cycle de conférences données par Umberto Eco autour de trois aspects de l’esthétique médiévale : la lumière, la proportion et les monstres - site François-Mitterrand

- SCD (info donnée par Jean)
Le Service Commun de Documentation de Paris 8 s’engage dans un projet de base numérique des thèses soutenues. Pour ceux qui seraient intéressés Il faut leur communiquer les thèses en fichiers numériques qui seront ensuite retraitées.

- Collection Nouvelles technologies
Olivier Marty informe de la création d’une nouvelle collection dédiée aux sciences et technologies de l’information dans la maison d’édition Le Manuscrit où il travaille. Cette collection peut publier mémoires, thèses, actes de colloques etc.
L’adresse de la maison d’édition est http://www.manuscrit.com

- " Chronique ethnographique "
Dans une veine proche de " la vie de labo ", Olivier Marty est l’auteur, avec Régis Moreau et David Weinberger de Start up ? Du mythe médiatique aux réalités sociologiques Ed Harmattan, Collection Dossiers Sciences Humaines et Sociales, 2004. Il est par ailleurs en cours de thèse sur ce sujet.

- Journée conception et écriture multimédia
Nicolas Szilas présente brièvement les interventions de cette journée qui s’est déroulée le 9 avril à l’Université de Valenciennes.

- Maison des métallos : 28 mai journée sur les nouvelles cultures média organisée par le département InfoCom de l’Université Lille 3. En soirée une performance est prévue sur la question des genres.
http://www.maisondesmetallos.org

- Maia : étudiante brésilienne architecte et graphiste qui vient pour la première fois évoque son projet de recherche de DEA à Paris VIII sur le Net art

Ouvrages cités pendant la discussion

- HyperNietzsche,de Paolo D’IORIO collection Ecritures numériques, aux PUF, 2000.
- Start up ? Du mythe médiatique aux réalités sociologiques Olivier Marty, Régis Moreau, David Weinberger, Ed Harmattan, Collection Dossiers Sciences Humaines et Sociales, 2004
- Parcours de la Reconnaissance ; Paul Ricoeur ; Stock 2004, Essais – Documents.
- Socrate dans le labyrinthe, David Kolb (Socrates in the labyrinth : Hypertext, Argument, Philosophy. 1994, Eastgate Systems, Inc. : Watertown, Massachussets)

Notes au fil de la discussion

La discussion s’est déroulée "de fil en aiguille " sans support ou thématique particulière. La suite de la discussion sur l’Empire cybernétique a été reportée à une séance ultérieure en raison de l’absence d’une partie des participants ayant initié la discussion.


Caroline a assisté à la présentation de la dernière version d’HyperNietzsche à Beaubourg.(la version 4, qui n’est pas encore en ligne).
Cet hypertexte comporte 6000 pages de Nietzsche, ainsi que des publications sur Nietzsche.
HyperNietzsche est une infrastructure de recherche qui permet à une communauté savante de travailler de façon délocalisée et coopérative.
Un des objectifs d’HyperNietzsche est de faciliter l’accès aux textes eux-même pour revenir aux sources de la pensée de Nietzsche dont certains concepts comme la volonté de puissance ont été parfois galvaudés par les écrits sur Nietzsche au risque d’occulter l’œuvre elle-même.

Ouvrage : HyperNietzsche,de Paolo D’IORIO collection Ecritures numériques, aux PUF, 2000.

Quelques points évoqués : la question de la diffusion des archives, le point de vue du grand bazar opposé à celui de la cathédrale.

HyperNietzsche est un projet " open source " a plus d’un titre :
- il permet une mise à disposition des textes et de leurs sources en ligne, ouverte à tous
- il est réalisé avec des logiciels open source

Il existe cependant un filtrage des contributions qui sont soumises à l’évaluation d’un comité scientifique qui décide ou non de leur publication.

La discussion s’oriente sur l’existence de projets de ce type sur d’autres auteurs.
Estrella évoque le projet sur les manuscrits et enregistrements de Comment vivre ensemble ? " de Barthes. Et Jean souligne l’esprit différent de ce projet, conçu selon un modèle plus commercial, puisque le support est un CD en vente et non un site en libre accès.
La frilosité, la réticence des éditeurs n’est sans doute pas étrangère à la difficulté de mettre en place ce type de projet.

Nadia évoque le blog livejounal.com, prisé des internautes russophones. Sa particularité est que chaque lecteur-auteur se constitue une liste de personnes qu'il souhaite lire (chacun y est donc à la fois lecteur et auteur). Les entrées de ces personnes composent son "fil d'amis".
Les ‘critères de popularité’ sont variés : Nombre de "Friends of" (personnes qui vous ont
inclus dans leur fil d'amis), nombre de mentions ou de liens vers votre journal dans les journaux des autres, nombre de vos entrées que les gens ont inclus dans leur sélection (Memories), nombre de commentaires pour chaque entrée.

On note que le phénomène du blog n’a pas fait m’objet d’un exposé systématique lors des réunion du groupe, ce qui pourrait être un sujet intéressant .

Nadia propose de faire pour la prochaine réunion du groupe une petite typologie de blogs
"créatifs" sur livejournal

La tentative d’utilisation du blog par le groupe n’a par ailleurs pas fonctionné.

L’intérêt de ces blogs c’est aussi la syndication de contenus, soit la possibilité d’agréger l’information en provenance de différents sites.

Sur les Wiki, tout le monde peut tout modifier. Alexandre évoque à ce propos l’encyclopdie en ligne wikipedia.
Il s’agit d’une encyclopédie gratuite, écrite coopérativement, dont le contenu est librement réutilisable et à laquelle tout le monde peut participer librement, notamment en modifiant les articles déjà en ligne.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil

On évoque les dérives que peut entraîner cette absence totale de contrôle de l’édition des textes (telles que ajouter des notices bibliographiques sur sa propre personne...)

Toujours sur cette question du filtrage et de la reconnaissance Caroline ajoute que pour l’HyperNietzsche chaque texte soumis au comité scientifique accorde des points à son auteur. Un non spécialiste pourrait-il intervenir dans le débat ?
Le système de points mis en place ferait pencher du côté de la cathédrale plutôt que pour le grand bazar...

Jean Clément revient alors au texte initial du RTP-DOC et notamment à la question de la reconnaissance : qu’est-ce qui fait qu’un texte est un document ?

Oriane

évoque l’ouvrage Parcours de la reconnaissance de Paul Ricoeur publié chez Stock. En 2004, dans lequel il parcourt les différentes acceptions du terme Reconnaissance pour esquisser une philosophie de la reconnaissance.

Jean observe qu’il serait intéressant d’étudier la différence entre les communautés de philosophes et les communautés de littéraires autour de ces questions. Il pense notamment au site sur le Decameron de Bocace qui recense tout ce qui s’est fait en relation à l’œuvre de Bocace et présente un éventail de travaux et de productions créatives beaucoup plus ouvert et varié suivant une logique éditoriale qui n’est pas uniquement liée à la caution scientifique de ces productions.
Le Decameron Web est toujours à l'adresse suivante : www.brown.edu/Research/Decameron/

Estrella ajoute que ce type d’approche semble intéressante non seulement pour éclairer l’œuvre mais aussi pour apporter un éclairage sur l’imaginaire qu’elle suscite et son impact sur d’autres formes de création.
On est là d’avantage du côté du grand bazar que de celui de la cathédrale.

Caroline relève un des paradoxes de de la consultation numérique d’hypertextes consacrés à des oeuvres à propos d’HyperNietzsche : en donnant accès aux archives, aux manuscrits, il se passe quelque chose en relation au support ; le numérique permet de rendre accessible les supports originels des productions écrites, contrairement à l’écrit édité et imprimé qui l’en éloigne et fait subir des altérations aux formes originelles du texte.

Jean évoque la posture de Paolo D’Iorio (auteur de l’HyperNietzsche) qui poursuit une double démarche de théorisation et de création/fabrication d’un objet.

Caroline : est-ce que la pensée de Nietzsche se prête particulièrement à la pensée en réseau. ?
C’est une question centrale de sa thèse en cours qui porte sur les philosophes du fragment et la mise en réseau hypertextuel de leur œuvre, de leur pensée.

Jean évoque l’ouvrage Socrate et le labyrinthe qui examine la compatibilité entre le discours philosophique et l’hypertexte. L’auteur conclu que l’hypertexte peut être un outil d’écriture de texte philosophique à partir du moment ou les liens hypertextes interviennent comme des éclairages complémentaires, des suppléments dans le cours d’une démonstration qui reste linéaire

Jean-Hugue Réty fait observer que l’usage des liens dans le contexte du e-learning relève d’une même approche.

Estrella observe qu’il serait intéressant d’analyser la différence d’approche entre deux " économies " de l’hypertexte, l’une servant une pensée linéaire, démonstrative, didactique et l’autre mettant en scène une pensée philosophique qui s’exprime par le fragment et refuse la linéarité.

Caroline : existe-t-il des hypertextes philosophiques pensés de manière hypertextuelle ?
Certaines œuvres peuvent être considérées comme des hypertextes papier : Nietzsche, Wittgenstein...

Estrella ajoute que certaines œuvres de Barthes relèvent d’une pensée qui s’exprime par le fragment : Fragments d’un discours amoureux bien sûr, mais aussi Comment vivre ensemble ? : cours composés sous la forme d’un ensemble de " traits " qui refuse de se plier à la linéarité du discours. Elle évoque le dispositif de lecture multimédia des manuscrits et bandes sons de ces cours donnés par Barthes au collège de France, sur lequel elle avait travaillé pour L’IMEC lors de la phase d’initialisation du projet.
Il s’agissait de mettre en scène la prééminence des versions originales sur leurs transcriptions. C’était aussi l’occasion de confronter l’œuvre de Barthes et sa pratique de la fragmentation avec la pratique de l’hypertexte.

Oriane pose la question de l’emploi du terme Medium (par rapport à dispositif, ou à support) dans le texte initial du RTP-DOC.
Jean précise qu’il s’agit d’une approche pragmatique, relationnelle. Estrella suppose que le document est considéré dans cette approche comme un vecteur.

Jean : l’ordinateur est-il un média ? ou bien a-t-on des médias réunis sur un dispositif ?
Peut-on parler d’unimédia (plutôt que de multimédia) ?.
Cette expression n’a sans doute pas perdurée à cause de l’emploi de l’expression " les médias " pour évoquer photos, films, animations ; textes qui peuvent entre dans la composition d’un document numérique. (remarque de Nicolas).

Oriane questionne : le journal intime peut il être considéré comme un média ?
Est-ce un genre ? est-ce un dispositif ?

Estrella suggère que le journal intime (au sens de medium dans le texte initial du RTP-DOC) serait un médium paradoxal qui joue à la fois la communication et le retrait..
Le journal intime attend un retour sans se l’avouer.

Jean évoque l’acception Mac Luhanienne de medium à travers l’expression " le medium c’est le message ".
Approche qui entre en résonance avec la période structuraliste et la pensée cybernétique, avec l’idée que le signifiant précède le signifié, voir même, la disparition du signifié (Derrida).

Jean-Hugues évoque alors un des textes amorces du RTP-DOC écrit par Y. Jeanneret dans lequel ce dernier oppose forme et formalisme.

Jean précise que la mise en page contribue à la formation du sens (forme), ce qui est à distinguer des questions de formalisme logique (ex Xml)
Peut-on traiter séparément l’organisation logique et la représentation d’un texte ?
Techniquement c’est un des principes de base des sites dynamiques (estrella).

Jean ; Dans quelle mesure la mise en page joue un rôle dans l’interprétation d’un texte ?

Jean Hugues évoque TEI (texte encoding initiative)
Les recommandations de la TEI permettent aux chercheurs d’expliciter par des balisages les caractéristiques de leurs documents numériques, de façon à faciliter leur traitement par tout type de programme ou de plateformes et la préservation de sa forme.
http://www.tei-c.org/

Jean : Y. Jeanneret raccroche le signe à sa matérialité physique. le sens n’existe pas indépendamment du signe.
Mais la forme matérielle du signe existe-t-elle indépendamment de sa réalisation ?
Existe-t-il une forme minimale ou générique du signe différente de ses actualisations diverses et variantes stylistiques ?