Groupe de travail
écritures hypertextuelles

compte-rendu - 6 janvier 2005


Compte-rendu : Maia Mau

Etaient présents :
Jean Clément, Evelyne Broudoux, Jean Hugues Réty, Nicolas Szilas, Arthur Mimoun, Maia Mau.

Divers
Commentaires sur la journée d’études " Jouer avec une histoire : un défi pour les média interactifs " organisée par Nicolas Szilas et Jean Hugues Réty le 16 Décembre.

Exposé de Nicolas Szilas
L’approche au sujet de la recherche a commencé dans une entreprise de jeu vidéo d’aventure. L’expérience professionnelle menait à une réflexion sur les personnages intelligents et le travail sur le récit. Ces problématiques suscitaient un intérêt vers le récit interactif, qui est, actuellement, le sujet de son travail de recherche.

Sa recherche part, d’abord, d’une confrontation entre les notions de récit et d’interactivité : la narration étant liée à l’auteur et l’interactivité au spectateur. Le paradoxe a résoudre serais le "Qui fait quoi ? "

Nicolas présente sa proposition d’identification de 4 entités dans un récit interactif :
1. Auteur : responsable pour la structure narrative. Définit les éléments et les contraintes de l’histoire. Niveau abstrait de conception.
2. Chercheur (concepteur) : Celui qui donne les règles pour la mise en marche de la structure narrative.
3. Ordinateur : Calcule les événements de l’histoire
4. Spectateur : Engendre les événements de l’histoire.

Jean Hugues commente que l’idée d’avoir un modèle fait par un chercheur où l’auteur s’insère, peut, d’une part, limiter l’auteur, mais aussi, permettre la génération de l’interaction.

Modèle théorique du récit
Le récit serait ainsi constitué sur trois niveaux :
Discours : Intension, système de valeurs. Dimension "pragmatique " du récit : les messages et valeurs qui sont transmis avec l’histoire. Dimension morale et étique du récit.
Histoire : personnages, buts et actions.
Perception : le cognitif et l’émotionnel chez le lecteur
Discussion du groupe sur le terme " discours ". Jean Clément suggère " énonciation ".
Aussi, " réception " serait plus adéquaté à la place de perception.

Architecture des actions narratives
Modèle proposé par Nicolas pour la construction de son système génératif de narration interactive :

Monde de l’histoire : Contient le scénario fait par l’auteur. Stocke aussi les données sur l’histoire déroulée pendant l’activation du système.
Modèle de l’utilisateur : Stockage de l’information que l’utilisateur connaît à un certain moment de l’histoire.
Logique Narrative : Module de calcul des actions génériques possibles (inciter, informer, dissuader, refuser, réaliser, condamner, féliciter).
Séquence Narrative : Filtre les actions reçus par la logique et les examine en rapport au modèle de l’utilisateur.
Théâtre : Interface d’interaction avec le public. Affichage du résultat du système.

Ce modèle est une proposition de logique narrative, où le système génère des actions possibles du personnage. La séquence narrative examine toutes les actions possibles et évalue, en considérant le modèle de l’utilisateur, quelles sont les actions plus intéressantes pour la séquence de l’histoire. Les actions filtrées sont envoyées au " théâtre ", qui va afficher le résultat de l’action de l’utilisateur et va lui donner des nouvelles possibilités de choix.

De manière plus sommaire, la machine offre de possibilités de choix à l’utilisateur > L’utilisateur choisit > l’ordinateur répond avec des nouvelles possibilités de choix

Structure de buts
Un deuxième modèle est présenté par Nicolas, pour la structuration du " Monde de l’histoire ". Il s’agit d’un schéma, écrit par l’auteur, pour la conceptualisation de l’histoire et des actions des personnages.
Les éléments primaires de ce modèle sont des tâches, buts et obstacles. Un deuxième niveau est crée avec une échelle de valeur, liée aux tâches et personnages.

Pour Jean Clément le modèle est applicable à plusieurs formes narratives. Il conseille d’appliquer des diverses formes narratives pour faire marcher le modèle.

Démonstration " ID Tension "
Nicolas nous présente une démonstration de l’application de son système à une histoire. L’interface n’est pas encore développée, mais on peut voire que le système fonctionne bien et la narration générative se déroule à partir des choix faits par l’utilisateur.

Le groupe suggère qu’il est possible de mieux développer l’interface. Il serait possible d’avoir un produit intéressant, même en restant sur une voie simple et en mettant de l’accent sur la mise en scène du texte. Remarques encore pour le besoin de développement du travail sur les dialogues et descriptions.

Prochaine réunion le 10 février à 19h30 autour du DEA de Maia Mau, sur "Le Net Art". Sauf avis contraire d'ici-là (surveillez le courrier), elle aura lieu à Paris 8 salle A 148.