Groupe de travail

écritures hypertextuelles

compte-rendu - 8 mars 2005


CR : Estrella Rojas

Etaient présents :
Pierre Barboza, Jean Clément, Oriane Desseilligny, Frédérique Mathieu, Maya Mau, Estrella Rojas

Relevé de décisions :
Prochaines réunions
Le 12 avril chez Estrella R
Sujets envisagés :
- Présentation du travail cinématographique d’Arnold Martin
- Présentation de la thèse en cours de F Mathieu
Le 10 mai. Sujet envisagé : présentation du travail de thèse d’Oriane Deseilligny

Evénements et informations diverses :
Colloque Les écritures d’écran, histoire, pratiques et espaces sur le web, 18 et 19 mai Université d’Aix en Provence (par Oriane D)
Pour plus d’informations, voir le portail SFIC
http://www.sfsic.org/portail/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=151

Revue Communications et Langages, Juin 2004 n° 140 : article de Jean Davallon et Yves Jeanneret : " La fausse évidence du lien hypertexte " (par Oriane Deseilligny)

Evocation du cinéma expérimental de Arnold Martin par Pierre B (réflexion sur la relation son/image à partir d’un matériau constitué de films de séries B décomposés, déconstruits par des effets de ralentis et de boucles sur des fragments qui permettent de décrypter les non-dits de l’image, de jeter un autre regard sur les comportements des personnages...)
Arte va diffuser ses 3 films
Quelques sites avec des infos intéressantes sur Martin Arnold :
http://www.r12.at/arnold/
http://www.synesthesie.com/syn08/parfait/part2.htm
http://www.arte-tv.com/fr/art-musique/die-nacht-la-nuit/les-videos/368966.html

Exposition à la Maison Européenne de la Photo " présentification de l’invisible "

Présentation de 253 par Jean Clément

Roman hypertextuel publié sur internet en 95
http://www.ryman-novel.com
A fait l’objet d’une édition papier en 98
Ainsi que d’une parodie accessible sur
http://www.spiritone.com/~dlevine/clarion/17/index.htm

Cette fiction hypertexte a fait l’objet d’une étude par un groupe de 3 étudiants : S Rousset, F Bordeau, A Mimoun, (respectivement du DESS, MST2, DEA)

Dans cette fiction, on parcourt les wagons d’une rame du métro Londonien sur la ligne Bakerloo. La structure narrative est basée sur la présentation des passagers de la rame,
On peut naviguer par stations, par wagons, par personnages, et par liens hypertextes à l’intérieur des portraits de voyageurs.

Chaque fiche de voyageur est composée de trois partie (portrait physique, portrait psychologique et historique, et description des pensées du voyageur pendant le trajet)

Chaque portrait est relié aux autres par des liens hypertextes (liens thématiques entre personnages relevant d’une même catégorie, liens de voisinages, liens de fréquentations...)

Le chiffre 253 correspond notamment au nombre de fiches de voyageurs et au nombre de lettres composant chaque portrait.

La composition de cette hyperfiction évoque La vie mode d’emploi de Georges Perec, de par les règles mathématiques utilisées, ainsi que par la construction et la navigation topologique entre les différents micro-univers proposés au lecteur.


Présentation de son travail de recherche par Pierre Barboza

Réflexion sur le statut de l’image lue sur écran et douée d’interactivité : que perds-elle ? que gagne-t-elle ?
Est-ce toujours une image ?
Est-ce que l’interactivité en fait une interface ?

Quelques définitions :
L’image au sens sémiotique : signe analogique, doué d’une dimension référentielle
Au sens technique, l’image est définie en fonction de sa finalité.
La technologie : étude des moyens pour parvenir à une fin

La technologie peut définir / modifier / déplacer les usages
On peut modifier les usages d’une technologie donnée

Cadrage historique

Le daguerréotype : reproduction du réel, mais sans possibilité de reproduire l’image
La reproduction sur collodion d’argent en produisant un négatif offre la possibilité de reproduire l’image

L’abandon du collodion d’argent va permettre de faire un saut en termes de vitesse de prise de vue
La conjugaison de ces 2 changements techniques va provoquer des modifications d’usage de la photo (ex naissance du photojournalisme)

La technologie est porteuse de modification d’usages

Sa thèse développe l’idée que la question du codage est centrale pour les moyens de communication ; c’est autour du codage que se construit une industrie, une organisation techno-sociale
Ex. l’avènement du format mp3 mine et détruira vraisemblablement l’industrie du disque

Dans le champ de la photo :
L’argentique est un codage indiciel (trace du réel)
Avec la peinture la gravure : on est dans la représentation
Avec le numérique que se passe-t-il ? il y a quantification et représentation à priori de ce qui va être mesuré
Si sur le plan sémiotique l’image reste iconique, les procédés de génération de l’image sont eux symboliques (calcul numérique)

Autre effet du passage de l’argentique au numérique : " l’effet polaroid " renvoie à l’image plus qu’au réel (ce qu’on veut voir immédiatement c’est l’image, et non le regard porté sur le réel), avec le numérique on ne regarde plus dans un viseur, on regarde déjà l’image avant même de l’avoir faite

ER : oui, mais on peut noter un phénomène inverse dans le geste, l’ergonomie de la prise de vue : avec l’appareil numérique (si on regarde l’écran) paradoxalement l’appareil ne fait plus écran par rapport au réel. On peut saisir et l’image et le réel presque simultanément.

PB : va dans le sens du cinéma de l’intimité permis par la légèreté du matériel et des équipes de ciné numérique

L’engagement dans le cliché n’est plus le même avec le numérique (les usages nous apprennent bcp sur la technologie)

On peut observer un phénomène de précarisation de l’image que l’on peut décliner selon différents angles :

- Au sens de perte de la maîtrise concernant certains paramètres de calcul et de visualisation de l’image : l’image relève désormais d’une hétérogénéité d’intentions (qu’on peut retrouver dans les choix des paramètres, éléments technologiques ... ) on ne peut ‘ouvrir le capot’ et accéder à ces choix (opacité, et impossibilité d’action dessus)
(ER sauf à surdéterminer, par exemple en utilisant des réglages correcteurs d’exposition (ex. calculer une sous-ex ou une sur-ex) )
JC : il y a une sorte d’agrégation d’intentionnalités qui surdéterminent celle de l’auteur

- Au sens de l’existence, la reconnaissance de l’auteur (ex l’auteur de série TV existe de moins en moins socialement en terme de reconnaissance.
Autre angle de la précarisation : celle des règles du dispositif social (règles, contraintes d’écriture audiovisuelle en fonction de l’heure de passage dans la grille de programme...)

- Lié à l’estompage des limites entre image fixe et image animée (cf les appareils de production d’images numériques qui permettent les 2)

- Liées aux possibilités de retouche d’images extrêmement souples offertes par le numérique

Le mode de précarisation principal sur lequel PB s’est interrogé est celui lié à l’interactivité :
L’interactivité intervient toujours à un moment ou à un autre dans la manipulation de l’image numérique, ex pour l’imagerie médicale ou l’imagerie militaire , pour les premiers usages professionnels de l’imagerie numérique.

Pierre B s’est donc penché sur les sites de photographes pour analyser leur usage de l’interactivité.

Les corpus observés lui ont permis de constater des différences en fonction des tranches d’âge dans l’usage de l’interactivité.

Pour les photographes plus âgés, l’interactivité est essentiellement utilisée dans une problématique documentaire (fonction de classement, consultation, d’accès au fonds d’image, et de renseignement des images )

Les photographes plus jeunes, (ceux qui n’ont pas fait d’argentique ou s’en sont libérés) introduisent de l’interactivité dans la photo elle-même

FM : est-ce toujours de la photographie ?
L’image a une dimension contemplative, l’interface est un système de communication, deux problématiques différentes.

// à la dimension sémiotique de l’image interactive, rappel du néologisme signes e-mouvants, forgé par Luc d’All Armellina

Le signe, utilisé dans une interface, possède une dimension supplémentaire : la notion d’état (activé, survolé, inactif...). C’est la volonté de l’auteur que l’image soit touchée, transformée, qu’elle entre dans un processus.

Les sites de photographes constituent des dispositifs, forment des systèmes avec des règles qu’on peut manipuler
Est-ce que dans ce cadre l’image est encore image ?

OD : voir le site de Louise Merzeau http://www.merzeau.net/ (enseignante photographe qui étudie l’indicialité photographique)

ER : rapprochement entre le mouvement de la lecture textuelle sur internet telle que décrite par C Vandendorpe dans du Papyrus à l’Hypertexte et celui de l’image consultée dans un site photographique, même dimension de vitesse, de ‘promesse de lien’ qui érode la dimension contemplative. (autre angle d’approche sur la notion de précarisation de l’image )

// R Laufer disait que ce qui fait la différence entre une encyclopédie et un hypertexte c’est la rapidité

C’est le système qui compte plus que l’image isolée.

Qu’est-ce qui fait qu’on passe de la contemplation à l’action sur image ?
Ex 3 fils de Luc d’All Armellina : (portrait du Christ, du Che et de Rimbaud) que l’on modifie en bougeant le curseur (mouvements rapides = déformations – mouvements lents = mouvements de regards des visages)
JC : Qu’est-ce qui provoque le changement de statut de l’image, est-ce le fait qu’elle se modifie en fonction des mouvements du curseur, ou est-ce que le changement de statut est antérieur à la modification effective de l’image ?
Pour FM dans 3 fils, on est dans la contemplation, même s’il s’agit d’une ‘contemplation interactive’


Idée d’un double référent de l’image numérique survenue lors de l’initiation de PB au langage logo pour programmer des figures géométriques :
- Figures produites par un programme (le référent est alors le programme)
- image qu’on projette dans ces figures (cf. les formes figuratives qu’on projette dans les configurations nuageuses)

Pour finir, nous nous sommes interrogés sur l’étymologie du mot image

A suivre...