Groupe de travail

"Ecritures Hypertextuelles"

Compte-rendu - 8 juin 1998

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Présents

BOTTU Solange - BROUDOUX Evelyne - DALL'ARMELLINA Luc - DUBARRY Philippe - GHARSALLAH Medhi

 Secrétaire de séance : Luc Dall'Armellina

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Partage d'informations - actualité- échange de vues

Prix Möbius - édition n°7 - les 28 et 29 mai 1998

Des oeuvres qui ont fait l'unanimité parmi nous (nous n'avons pas tout vu !) :

D'autres ont marqué d'abord par la qualité de leur fond documentaire :

D'autres ont marqué d'abord par la nouveauté technologique :

D'autres ont marqué d'abord par la qualité ludique et éducative :

Il nous paraît que le multimédia semble très adapté à l'exploration de mondes parallèles, il convient très bien aux approches de type épistémologique. Les plusieurs angles d'approche d'un même objet mettent en effet en évidence les avantages du medium sur les titres cités plus haut. Il nous semble qu'existe une écriture française, originale, elle se distingue par son style, sa qualité navigationnelle et creuse l'écart avec des produits américains ou canadiens qui s'attachent au contenu plus qu'à l'écriture interactive.

Signalons que le site Möbius est maintenant en ligne sur le serveur de l'Université Paris8. On peut y consulter le catalogue de tous les produits et oeuvres présentés de puis sa première édition.

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Evénements

Le temps des livres en octobre 98

Constitution d'un pré-projet

Sans doute faudra-t-il rapidement se poser la question d'une thématique, organiser un déroulé précis, savoir si l'on utilise différents lieux pour ces activités...

 

Ecritures en ligne dans le cadre de "FAUST" en octobre 98

Point sur la situation

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Echange autour de "Littérature matricielle et PLI - Marie Belisle

Dans un email récent, Evelyne Broudoux nous invitait à réfléchir aux questions que pose Marie Belisle dans un article sur la PLI (production littéraire informatisée) :

"Dans un article sur la génération de texte que vous trouverez à : http://www.globetrotter.qc.ca/gt/usagers/mbelisle/fant.htm#HAUT sur le site de Beslile : http://www.globetrotter.qc.ca/gt/usagers/mbelisle/belm.htm , l'auteur assimile la génération de texte (PLI = programmation littéraire informatisée) à de l'hypertexte, et ça me pose un problème de définition : car si la génération est soluble dans l'hypertexte, alors nimporte quel programme informatique susceptible de gérer du texte est hypertextuel ?

«Ici il y a peut-être un nouveau genre littéraire... Dans la mesure où elle impose au lecteur un parcours non-linéaire dans un hypertexte construit par le programmeur, la PLI apparaît comme un être littéraire génétiquement métissé ; dans la mesure où elle est constituée à la fois de cet hypertexte et de l'ensemble des produits possibles, la PLI possède une structure hybride (digitale et illisible au niveau de l'hypertexte, analogique et lisible au niveau des textes produits, l'un déterminant les autres).

Ainsi, PLI se distinguerait des autres genres littéraires, tant par son origine que par sa structure et toutes les PLI partageraient ces caractéristiques essentielles, voire génériques. Un genre en émergence ? OUI ? La littérature matricielle ou le rêve de Mallarmé...

«Mais le concept d'hypertexte n'est pas exclusif à la PLI. Plusieurs oeuvres littéraires non informatisées sont conçues de façon à laisser au lecteur la tâche de construire non seulement le sens du texte mais le texte lui-même (ou une forme du texte parmi tous les possibles).»"

Les questions posées semblent en effet mériter un débat. D'autant que J.D. Bolter accrédite cette opinion dans son article "Degrés de liberté".

  1. La génération de textes a-t-elle par un ou plusieurs aspects à voir avec l'hypertexte ?
  2. Faut-il considérer comme suffisant le fait qu'un chapitre ou un écran généré constitue un noeud (dans le sens d'une unité sémantique autonome) ?

Après discussions, nous répondons oui si structure et contenu sont dissociés. Mais il nous parait cepandant que la notion d'ancre, d'ancrage, capitale dans la définition de l'hypertexte, ici (notons au passage que cette définition porte sur l'hypertexte de fiction) selon Jean Clément :

"Nous pouvons désormais proposer une définition provisoire de l'hypertexte de fiction qui permette de le distinguer aussi bien des récits arborescents que de la pure combinatoire. L'hypertexte partage avec ces derniers la notion d'unités narratives fragmentées. Mais ses fragments ne sont ni totalement structurés, comme dans les récits arborescents, ni totalement inorganisés comme dans les textes à combinatoire totale. L'hypertexte est donc une collection de fragments textuels semi-organisée." [CLEMENT Jean, 1994]

Si la page générée peut être considérée comme "collection de fragment textuel semi-organisée" elle peut alors être reconnue comme un cas d'hypertexte mais il nous semble comme le souligne également Jean Clément plus loin "que dans l'hypertexte, c'est le dispositif hypertextuel lui-même qui fournit la figure en laquelle se mire toute la fiction."

Dans un autre article, Jean Clément propose :

"L'idée que je défend ici est que l'hypertexte peut s'envisager comme un système à la fois matériel et intellectuel dans lequel un acteur humain interagit avec des informations qu'il fait naître d'un parcours et qui modifient en retour ses représentations et ses demandes.

Dans la préface à la réédition de Literary Machines en 1993, Nelson définit son point de vue sur l'hypertexte en ces termes:

"Il s'agit d'un concept unifié d'idées et de données interconnectées, et de la façon dont ces idées et ces données peuvent être éditées sur un écran d'ordinateur."[NELSON Theodor Holm, 1993]

L'insistance avec laquelle Nelson relie les idées et les données souligne la double vocation de l'hypertexte: un système d'organisation des données et un mode de pensée." [CLEMENT Jean, 1996]

Il serait prudent de se garder de généraliser et de distinguer avant tout le genre d'hypertexte dont il s'agit : fiction, documentaire, poésie... Il apparaît également qu'il faut repérer ce qui organise les liens (sont-ils écrits, calculés, aléatoires, générés ?) et à quelle logique ils font appel. Le débat reste ouvert. Nous suggérons de créer une base collectant des définitions de l'hypertexte.

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C.R. de lecture de Evelyne Broudoux : "Degrés de liberté" essai de J.D. Bolter

Auteur de "The writing space", J.D. Bolter est un des co-auteurs du programme d'écriture hypertextuelle "StorySpace" distribué par Eastgate Systems. L'auteur émet des réserves en préambule de son article, ce texte ne semble pas le satisfaire totalement. Dans la mesure où l'auteur l'a laissé en accès libre en ligne, nous avons pensé qu'il nous était permis de le résumer.
Le texte ci-dessous est un résumé du <Résumé de lecture de Evelyne>

L'auteur fait le constat que la communication écrite est en perte de vitesse (d'usage), devient parfois désuette et est peu à peu supplantée par l'environnement virtuel immersif 3D. Une culture se créé qui préfère le visuel au linguistique et dans laquelle la plus haute valeur est la capacité à avoir de multiples points de vue.

Ce fait exposé nous fait tous réagir, notamment sur le code et sa lecture dans notre culture. Nous ré-ouvrons le débat passé sur les "pré-requis" culturels à la lecture de l'image et du texte, l'image est-elle un texte, etc.

L'auteur ensuite évoque l'ordinateur comme hypertexte, "texture de signes arbitraires qui réfèrent toujours à autre chose". Comme le cinéma ou la vidéo, l'ordinateur graphique et la réalité virtuelle sont des expériences perceptuelles primaires.Il propose ensuite deux échelles pour mesurer la représentation électronique : l'échelle symbolique perceptuelle et l'échelle arbitraire motivée.

L'auteur marque une différence entre les notions de "looking at "et "looking through". Avec une peinture, on a conscience du cadre, avec un peu de distance, c'est le "looking at". Dans un jeu d'immersion sensorielle, un jeu immersif, on est acteur "à l 'intérieur", c'est le "looking through".

L'auteur poursuit avec des praragraphes consacrés à la renégociation des rôles du texte et de l'image dans les nouveaux médias. L'idée est que cette renégociation amène une crise de la rhétorique moderne. L'auteur cite J. Derrida à propos de la différence. Tout est différé avec l'écrit, comme en médiation, alors que l'image immersive n'a pas besoin de médiation : elle offre un univers manipulatoire.

t Le texte de J.D.Bolter "Degrés de liberté"

t Le résumé de Evelyne Broudoux (en cours)

 

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