Groupe de travail

"Ecritures Hypertextuelles"

Compte-rendu - 3 mai 1998

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Présents

ABBADIE-CLERC Christiane - BROUDOUX Evelyne - CLEMENT Jean - DALL'ARMELLINA Luc - De MORGON Laurence - DUBARRY Phiippe - GHARSALLAH Medhi - LAUDOUAR Janique - LIÉGEOIS Catherine - OGÉ Valerie

 Secrétaire de séance : Laurence de Morgon

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Sommaire
Planning Actualités Appels à collaborations pour F.A.U.S.T proposés par Christiane Abbadie-Clerc
le projet pédagogique (collèges de l'Académie de Toulouse)
   appel à collaboration pour FAUST (salon des nouvelles technologies de Toulouse; 20-25 octobre 1998)
Thématique transversale à préparer : "bifurcations et incises, digressions "du point de vue rhétorique et technologique par exemple dans "20% d'amour en plus" et "Sale Temps".
Etat des travaux de Philippe Dubarry
Recension du livre de Serge Salat ,"La relève du réel. Les arts du chaos et du virtuel", Ed. Hermann, Paris, 1997.  222 p., 290 F

 

Planning


les 11, 18, 25 mai au Web-bar de 9h30 à 13h30

25 mai, Jean absent (présente au Cnam : "La littérature sur le web" de 14h30-17h30)

1er juin, jour férié

8 juin, Jean absent

15 juin, journée au Cnam, Amphi A, 292 rue Saint-Martin 9h30-12h; 14h-18h. Jean présente; on se retrouve après quelque part dans une salle du Cnam.

Reprise des Lundis du Cnam

Journée d'étude "Pédagogie sur le web, hypertextes et apprentissages".

Cf. le premier projet de Christiane Abbadie.

22 juin, Jean absent

29 juin, …?

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Actualités et digressions diverses


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Présentation du projet F.A.U.S.T par Chistiane Abbadie - BPI (C.A-C.)


1 - Etat du projet pédagogique d'écriture interactive en ligne avec 3 collèges du rectorat de Toulouse (Arreau, Saint-Béat, Salies-du-salat)

C. A-C.. : Projet à 2 niveaux :

  1. cadre pédagogique pour les collèges, atelier d'écriture
  2. monter un atelier hypermédia en ligne

Phase d'écriture terminé. Cf. site Roman en ligne du romancier Yves Heurté, auteur du texte amorce proposé aux élèves, à partir duquel ils ont travaillé , HTTP://www.perso.hol.fr/~yheurte. Catherine Mérinot intervient comme consultante. Le site est en cours de réalisation par des étudiants d'hypermédia de Paris8.

Il faudrait écrire les règles du jeu, les contraintes. Texte amorce d'1-2 p. Le texte d'Y. Heurté s'appelle "Au voleur". Ambiance polar. 7 classes d'une trentaine d'élèves devaient écrire en deux mois des suites à ce texte raccordées par liens hypertextuels sur des mots du texte amorce.

En juin, les textes seront centralisés, peu rewrités. Des liens seront ajoutés avec le txt d'Y. Heurté pour éviter filières veuves. L'arborescence large au départ s'est au final resserée.

On est à mi-parcours, le site est un site de travail. A demandé beaucoup de travail pour relancer l'histoire et aussi pour formaliser une boîte à outils pour les enfants (volet méthodes). Le parcours est assez linéaire. Les txt sont de tout genre (SF, Surréalisme, polar…). Volet méthodes : lien avec le site La souris à plume de Martine Sousse ? Autres sites hypertextuels en ligne plutôt rares.

Solange Bottu expertise le travail. Envoi aux profs de techno de diskettes travaillées graphiquement.

Catherine Liégeois : Comment faire travailler 30 élèves ensemble ?

C. A-C.. : Le plus dur fut d'expliquer les liens hypertextuels aux enseignants; pas de problème avec les enfants.L'imaginaire des enfants est très riche. Ils ont écrit "le Voleur de sons", "le Voleur de paysages". Dans "le Voleur de sons", les enfants se demandaient où était le son du tracteur.

Le boulot de l'instit c'était les contraintes classiques de l'écriture collective : la confrontation d'imaginaires, les obliger à lire les textes des autres.

Notre regret, c'est qu'il n'y ait pas de base de données derrière de sons, de dessins, d'images du patrimoine. Leurs histoires sont très ancrées dans la réalité pyrénéenne. Le site devrait donner des amorces pour cette intégration.

Un personnage très important : le coq. Amorce d'hypertexte.

Chaque prof. intervenait srtictement dans sa discipline.

Pour repartir, nécessité de listes de diffusion et du soutien d'un éditeur te d'un provider.

Créer ce site représente beaucoup de travail.

La mallette multimédia est en train d'être conçue. On a besoin de règles précises.

Le site est en ligne mais pas encore au point : la navigation l'est mais ni la méthode ni le graphisme. On le présente le 15 juin au Cnam.

 

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2-Appel à collaboration pour un site pour le FAUST 98 (20-25 octobre 98)

C. A-C..: Le Faust voudrait un roman en ligne sur le thème de Faust et Marguerite - un texte amorce plus des illustrationsen tant qu'amorce visuelle. Un partenariat existe avec la BPI et Paris-8; et éventuellement avec Gallimard, Hachette… Pour ce projet, il faut fixer les règles et charger un formulaire.

L'ingéniérie existe sur place (à Toulouse) assurée par la société Magelis (Joseph Rabie) qui s'occuppe de BD interactive.

Il faudrait se revoir pour ceux qui sont intéressés. Il faudrait fournir les règles du jeu assez vite car, à partir de là, on pourra dégager un budget, au minimum pour les déplacements. Le lancement se ferait en juin. Des rendez-vous virtuels pourraient faire partie de la règle du jeu.

Medhi Gharsallah (M. G.) : Pourquoi un éditeur papier ?

C. A-C..: Pour faire comprendre que la littérature en ligne c'est aussi de la littérature.

Luc D. : POL a aussi des écrivains de littérature fragmentée. Ils s'intéressent à ça en ce moment.

Medhi G. : Il faut plutôt viser des éditeurs plus littéraires tels qu'Actes Sud, Le Seuil…

C. A-C..: faire un comité de rédaction, gérer le site… trouver des financements.

Notre autre projet pour les Net Days a été monté en 8 jours par mel…

Luc D. : Franck Dufour, coauteur de "Sale Temps", s'est déjà intéressé au mythe de Faust…

Christiane Abbadie-Clerc : abbadie@bpi.fr


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Thème de réflexion pour la prochaine séance : " Bifurcations et incises"


Jean Clément (J. C.) : Comment, dans un discours classique, un certain nombre de figures rhétoriques sont déjà hypertextualisables. La rhétorique protohypertextuelle. Comment les outils informatiques les retranscrivent. Cf. le texte de Jacques Roubaud sur "Bifurcations et incises" et article sur la digression dans le Dictionnaire de rhétorique.

Evelyne Broudoux (E. B.): Autre thème du dispositif : le mode d'emploi. Il y a le mode d'emploi explicite et un surmode d'emploi. Il y a deux couches désormais.

C. L. : Allers et retours, incises, est-ce l'envers et l'endroit ?

J. C. : L'envers et l'endroit c'est plus bifurcations qu'incises. Incises, appendices…

Et aussi la digression sonore où on revient au point de départ.

C. L. : Non on ne revient pas au point de départ On revient physiquement au point de départ.

L. Dall. : Je suis en train de recenser les visions différentes de la typologie du signe.

Cf. Umberto Eco dans "La production des signes" (Points Seuil).

Jean a "le signe" d'Eco.

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Philippe Dubarry : état des travaux (photocopie remise aux présents)


Suis la piste sur la typo. Recherche les ouvrages de Johanna Trucker.

Vise plus la production d'un hypermédia que d'un hypertexte au sens où celui-ci subordonne le reste au texte. Cf. "Ceci n'est pas une pipe", Ed. Fata Morgana, 1973. Veut créer juxtaposition de médias plus que parallèles entre eux.

Parle de son regard vierge sur l'hypertexte et de son regard de consommateur déçu (en écho à J. Drucker). Voudrait retrouver la dimension spatiale du livre. Texte sur écran désagréable à lire. [Incise : "Twelve blue" de Michaël Joyce Cf. site d'Eastgate, université du Michigan. Chemin normal renvoie sur Muse, un autre (???) amène à 2 articles, l'un sur Johanna Drucker, l'autre sur quelqu'un qui a écrit en mode hypertextuel.]

Venant du milieu de l'image, le manque de qualité de celle-ci, l'absence de mise en scène, de spectacle lui manquent. La différence entre la lecture et le jeu est la même qu'entre la marche et la contemplation panoramique. La marche comme le jeu a une dimension guerrière, active : on explore, on ne lit jamais. Le problème de l'hypertexte est qu'il est un processus de déplacement, il n'y a pas d'arrêt contemplatif; il est contraire à la lecture. Comme la présence visible des liens dans le texte sont gênants, rompent la lecture. Il y a la même différence qu'entre une pendule analogique et la pendule numérique. Avec la seconde, on n'a plus d'apréhension spatiale du temps.

J. C. : Aujourd'hui, les liens peuvent être invisibles (système du roll-over). Si on ne touche rien, on ne voit rien. On a le choix, on n'est plus contraint.

Janique Laudouard (J. A. ) : Moi, c'est la rupture qui m'intéresse, être balancée hors de ma lecture. Etre transportée de lien en lien constitue ma lecture. Curieusement, 2 sites d'agences de pub s'intitulent "narrative.com" et "storyteller.com". Elles s'intéressent à ce mixage image-texte. Elles créent de nouvelles bannières avec ces techniques. Cf aussi nouveau logiciel "Nliven"(orthographe incertaine) &endash; téléchargeable sur "narrative.com", fonctionne avec Director. Le nouveau langage des publicitaires : comment impliquer le consommateur par la typographie notamment. Sur les sites publicitaires, on trouve ces passerelles, appliquées à la pub.

Ph. D. : Casser la lecture me gêne. Tu dois te déplacer ailleurs mais tu ne comprends pas pourquoi. La rupture n'est pas lisible, la passerelle n'est pas visible. C'est une donnée culturelle : quand on a un livre entre les mains, on sait spatialement et temporellement qu'on est au milieu, à la fin, etc. , du livre. C'est pourquoi il faudrait chercher à spatialiser l'hypermédia. C'est comme pour la "der des ders", on se mutine quand on ne sait plus quand ça doit se terminer. On est largué car on ne sait où est la fin.

E. B. : Ily a Paul Kahn et sa cartographie de sites et d'autres logiciels qui donnent des moyens de se repérer spatialement dans un hypertexte.

J. A. : Tu as l'historique des liens aussi.

L. Dall. : La finitude était du côté de l'auteur; désormais elle est du côté du lecteur.

Ph. D. : Peut-être notre écriture n'est-elle pas adaptée à l'hypermédia ?

J. C. : Le cédérom est d'abord un volume d'infos. Te gêne la perte de trajectoire, du début à la fin.

E. B. : La cartographie est utile selon ce que l'on cherche : de l'info ou de la narration.

J. A. : Dans un site documentaire, on crée sa fiction. Un site hypertextuel sans images est difficile à lire.

Ph. D. : Je privilégie des sites spectaculaires, mis en scène, pour surmonter le handicap de confort et les handicaps culturels.

M. G. : On a beaucoup à apprendre du cinéma, du rapport du spectateur à l'écran. Le générique de début de fim sur fond d'images est plus facile à lire que le générique de fin sans image.

E. B. : Janet Murray compare les débuts de l'hypermédia aux débuts du cinéma. Au départ, c'est une juxtaposition de formes d'écriture, des images fixes façon théâtre.

Ph. D. : Il faut chercher le moyen de passer du sens donné par une image au sens d'un texte. Rendre ces passerelles mêlant les différents sens, sans hiérarchisation. Comme au cinéma, les passages entre séquences, les transitions.

M. G. : On parlait de digression. Dans "Hiroshima mon amour" (Resnais), Emmanuelle Riva est au Japon. Elle parle de son enfance et on entend le son des cloches alors qu'à l'image on est toujours au Japon.

J. C. : Il faut différencier les modes de transgression.

M. G. : Hitchcock disait que toute surprise ne vaut que si elle est attendue.

J. C. : il faut regarder dans le détail de la technologie : on peut avoir par exemple des passages non pas de mot à mot mais de page-écran à page-écran. C'est au créateur de gérer ces passages entre les plans. il ya problème quand on veut motiver le choix du lecteur. Dans "20%…", il y a un panneau annonçant la suite (procédé d'anticipation avec panneau contextuel).

Ph. D. : C'est le problème de la destination. Dans un film, les 5 premières minutes vous font entrer dans une grammaire et donc on choisit, on accepte la destination.

J. C. : C'est le "pacte de lecture". La confiance du lecteur est perturbée dans l'hypertexte. Il y a toujours l'idée que tout choix se fait au détriment d'autre chose.

M. G. : Le lecteur est au montage. C'est en ce sens qu'il est un auteur.

C. L. : Il y a 3 lectures différentes : une lecture fragmentaire (fragment unique), une lecture globale (sensible au scénario) et une lecture de la structure (on sait où on est, où on va). dans l'idéal il faudrait satisfaire les trois.

J. C. : Il ya une grosse différence entre l'hypertxt labyrinthique où le lecteur n'a pas de vision globale et un sentiment de perte et l'hypertexte "univers" où joue moins le fil du labyrinthe qu'un ensemble de fragments d'un univers qu'on peut parcourir dans différents sens.

M. G. : Et l'hypertxt d'Evelyne ?

J. C. : c'est une lecture labyrinthique. Storyspace ne permet pas de se repérer.

Ph. D. : On peut penser à une forme mixte avec des transitions qui suggèrent les événements susceptibles d'arriver.

J. C. : Explorer la typo sur le web serait intéressant. Pour ted Nelson, l'hypertxt devait être complètement ouvert. A l'opposé de la base de données, le labyrinthe; vue locale contre vue globale.

Ph. D. : Se retrouver dans une bulle du présent et non pas à un temps "t" donné.

J. C. : Il faudrait réfléchir aux notions de points et de séquences. L'enchaînement linéaire (ou multilinéaire) donne le sentiment d'un enchaînement logique.

Ph. D. : Travail typo de Joël Guénoun (Cf photocopie remise par Philippe) Philippe parle des passerelles sonores, de la combinaison des éléments visuels et sonores, du tandem fondamental texte-image… Jean rappelle les liens sonores dans "Sale temps"…

Philippe continuera la semaine prochaine…

 

Valérie Ogé a lu "La relève du réel" de Serge Salat (réf. supra)


Il s'agit d'installations en miroirs avec projections vidéos du spectateur. Les concepteurs s'appuient sur les liens entre virtuel et théories du chaos. Les images sont reprojetées en décalage.

Thématique de la fragmentaton du sujet, de la mise en abyme, des points de vue coexistants.

Tous les plans plus ou moins virtuels sont visibles en même temps mais ne sont pas dans le même monde.

Evocation de références croisées du groupe

…le "plan d'immanence" (cf. Deleuze. Rappel : le chapitre sur "L'actuel et le virtuel" se trouve dans les "Dialogues avec Claire Parnet",Champs/Flammarion, réed. de février 1996), … le pli (cf. Leibniz, ainsi que son commentaire par Deleuze : "Le pli, Leibniz et le baroque", Minuit 1988), le "quatrième complexe" et "Vie et mort de l'image" de Debray.

Dans ces installations, il y a interpénétration du virtuel et du réel. Manipulation du temps. La limite du dispositif est qu'il n'y a pas d'intervention de l'autre. Le réel se duplique à l'infini; il n'y a plus de sujet.

Valérie cite : "Le propre du réel est de ne pas avoir de double"…

L. Dall. : ... encore que 'on commence à cloner… Le miroir bifurque. Il y a des mondes parallèles à angle droit… dans les feuilles (?) de la fragmentation, il pourrait y avoir autre chose. Ici, il n'y a pas de nouveauté.

J. C. : …pas d'événement…

J. A. : la réalité n'est pas unique, d'autres réalités existent. La réalité est une interpénétration.

M. G. : Dans le jeu "Créatures", les créatures voient le curseur et l'identifient à l'utilisateur, l'interpellent, etc.

J. C. : L'hypertexte au sens matériel du terme a-t-il à voir avec tout ça (Deleuze, le chaos…) autrement que sur le plan métaphorique. Il faudrait établir la frontière entre l'hypertexte où le mot "story" est important (raconter des histoires, récit…) et de l'autre côté, celui qui est de l'ordre du virtuel (immersion dans des univers sensibles). J'ai du mal à percevoir le lien entre les deux.

M. G. : Le lien entre littérature hypertextuelle et fractales, c'est la part de hasard. La représentation graphique d'un hypertexte serait une fractale. La définition de fractal correspond à l'hypertexte : il y a la dynamique d'éléments liés entre eux dans un système fermé.

E. B. : Et le lecteur dans ce système fermé ?

M. G. : C'est la part de hasard.

J. C. : L'hypertexte appartient à la théorie des graphes. On peut calculer ses dimensions avec ce modèle. Le statut du texte ou de l'image comme icônes renvoient à une autre réalité absente. Là, cette installation ne renvoie qu'à elle-même, d'où le plan d'immanence. Ces signes sont eux-mêmes.

Ph. D. : Le rôle de l'hypertexte est d'actualiser ce virtuel.

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